Le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a adopté le 5 juin 2008 un décret portant création du Conseil supérieur de l’Éducation aux Médias et assurant le développement d’initiatives et de moyens particuliers en la matière en Fédération Wallonie-Bruxelles. Quel est le dispositif mis en place ? Quelles sont ses missions ?

Historique du CSEM

Le Conseil de l'éducation aux médias

En mai 1993, le Ministre compétent à la fois pour l'Éducation et l'Audiovisuel, charge Robert Wangermée, ancien Administrateur général de la RTBF, de constituer un Groupe de Réflexion réunissant des spécialistes en matière d'éducation, de médias et de communication sociale. Un an plus tard, en mai 1994, ce Groupe de Réflexion remet au Gouvernement un rapport intitulé L'Éducation à l'Audiovisuel et aux Médias communément appelé Rapport Wangermée.

Ce document fondateur sert de base à la création par Philippe Mahoux, ministre de l’Éducation en 1995, du Conseil de l'éducation aux médias (CEM), soit une instance consultative permanente (composée de représentants des trois réseaux d'enseignement, des centres de recherche universitaire et de spécialistes du domaine), et présidée par l’ex-administrateur-général de la RTBF. 

> Une synthèse des travaux du CEM et le rapport du CEM en 1995.

De nouveaux champs d'action

En 2006, le Gouvernement de la Communauté française charge le CEM d'élaborer un décret visant à créer un Conseil supérieur de l'éducation aux médias, l'objectif étant de pérenniser non seulement le travail accompli par le CEM durant toutes ces années mais aussi d'élargir ses champs d'action.

Le Décret de création du CSEM est adopté le 5 juin 2008 par le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Il définit le nouveau dispositif et les missions du Conseil. Le Conseil a été officiellement mis en œuvre le 2 juillet 2009.

Il est constitué d'un président, d'une vice présidente, d'un directeur, d'un secrétaire et d'une centaine de membres effectifs et suppléants issus de nombreux secteurs concernés par l'éducation aux médias.

Les missions décrétales

Le Décret de création du CSEM adopté le 5 juin 2008 par le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a l’ambition de reconnaître, pérenniser, renforcer, étendre et intégrer, dans un dispositif global, les initiatives et structures existant actuellement dans le secteur de l’éducation aux médias tout en ne se limitant pas spécifiquement aux publics scolaires.

A cet effet, le Conseil supérieur de l’éducation aux médias (CSEM) se voit attribuer de nombreuses missions, allant de la promotion de l'éducation aux médias, à la stimulation d'initiatives en passant par la formulation d'avis sur les projets qui lui sont présentés.

Les missions du CSEM

Promouvoir l'éducation aux médias et favoriser l'échange d'informations et la coopération entre tous les acteurs et organismes concernés par l'éducation aux médias en Communauté française, notamment les secteurs des différents médias, l'enseignement obligatoire et l'éducation permanente.

Porter une attention particulière :

  • à la lutte contre les stéréotypes pouvant être véhiculés par les médias et contre toute forme de discrimination dans et par les médias ;
  • à l'évolution technologique, économique, sociale et culturelle des activités relevant des secteurs des différents médias et des technologies de l'information et de la communication ;
  • au décodage des messages publicitaires.
  • Stimuler et articuler entre eux les initiatives, actions, expériences, outils pédagogiques, recherches… susceptibles de promouvoir l'éducation aux médias et d’en tenir un inventaire.

Favoriser et aider à l'intégration de l'éducation aux médias et à l'exploitation pédagogique des médias et des technologies de l'information et de la communication dans les programmes d'éducation et de formation.

Formuler un avis motivé sur chaque projet de radio d'école établi en Communauté française, au développement d'initiatives de la presse quotidienne écrite francophone en milieu scolaire, sur un manuel scolaire, un logiciel scolaire ou un outil pédagogique relatif directement ou indirectement à l'éducation aux médias.

Dispositifs

Le dispositif repose sur trois pivots :

  1. le Service d’appui du CSEM (anciennement Secrétariat du CSEM) chargé de la mise en œuvre effective des décisions de ce dernier,
  2. les Centres de ressources en éducation aux médias - le Centre audiovisuel de Liège asbl (CAV-L), Media Animation asbl et le Centre d'Autoformation et de Formation continuée de la Fédération Wallonie-Bruxelles (le CAF Tihange) - , décentralisés et directement actifs sur le terrain,
  3. les initiatives particulières en matière d'éducation aux médias : Journalistes en classeOuvrir mon quotidienEcran Large sur Tableau noirAppels à projets scolaires

Renforcement

Éduquer aux médias est devenu primordial dans un environnement médiatique qui évolue constamment et avec l’apparition de phénomènes souvent inquiétants tels que la désinformation et les fake news, les théories du complot, le cyberharcèlement, etc.

Le monde politique est unanime sur l’importance de l’éducation aux médias. Face à ce constat, le Service d’appui du CSEM s’est vu renforcé par l’arrivée de deux membres et a vu son budget doublé.

Représentation internationale

Le CSEM est membre actif dans divers projets coordonnés par la Commission européenne et entretient des liens privilégiés avec des organismes internationaux actifs dans le domaine de l’éducation aux médias.

Composition du Conseil

Une centaine de personnes d'horizons différents en lien avec l'éducation et les médias composent le Conseil. La diversité de ce panel de membres et d'institutions représentées permet au Conseil d'assurer ses missions. Qui sont-ils ? Que représentent-ils ?

Membres

Le Conseil supérieur de l'Education aux Médias (CSEM) est constitué de 54 membres effectifs et autant de suppléants issus des secteurs de l'enseignement, de l'éducation permanente et des médias. Il compte également en son sein des représentants du Gouvernement et de l'Administration de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Selon les cas, les membres siègent avec voix délibérative, consultative ou en qualité d'observateurs.

Représentations

Lors de sa création, le législateur a veillé à offrir au Conseil un panel de représentation aussi large que possible: les éditeurs de presse, les journalistes professionnels, les média audio-visuels et écrits, Point culture, la Cinémathèque, le CSA,  le secteur de l'audiovisuel et du cinéma. En ce qui concerne l'enseignement, le CSEM trouve en son sein des représentants de l'Inspection, des Universités et Hautes Ecoles, de l'Administration générale de l'Enseignement, des enseignants tous niveaux confondus, des réseaux d'enseignement. Le secteur de la jeunesse, les syndicats, les associations de parents sont également représentés sans oublier les acteurs en éducation permanente qui assurent l'éducation aux médias tout au long de la vie.

Centres de ressources

Le trois centres de ressources en éducation aux médias, également membres du Conseil et représentants d'un des réseaux d'enseignement, assistent le CSEM dans ses tâches au quotidien: le Centre Audiovisuel de Liège asblMédia Animation asbl et le Centre d'Auto Formation de la FWB.

Institutions et partenaires

Plusieurs institutions représentées au sein du Conseil sont devenues des partenaires privilégiés. Les unes en tant qu'organisateur des opérations décrétales; il s'agit de Lapresse.be, de l'Association des Journalistes Professionnels, des Grignoux. D'autres tiennent à être présentes au côtés du Conseil lors de la réalisation d'outils ou la participation à des salons ou colloques. D'autres encore ont accompagné le Conseil à certains moments-clés en fonction de l'actualité ou parce qu'elles étaient en demande d'une action spécifique.

Placé sous la responsabilité du Président, du Vice-Président et du Secrétaire, le CSEM peut ainsi compter sur un large panel de compétences et une solide expertise lors de l'élaboration d'avis, d'outils, d'événements particuliers dans l'intérêt général du citoyen.

Illustration des institutions qui composent le Conseil