Regards croisés sur les médias : lecture critique, usages et productions des video participative à l’école Émile André
- 4 vues
Le projet s’est inscrit dans le contexte de diversité culturelle et socio-économique de notre école, à une période marquée par l’arrivée progressive des téléphones et autres appareils numériques dans les classes, souvent sans véritable accompagnement des adultes. Face à cette réalité, il est apparu essentiel de créer avec les élèves des espaces de réflexion leur permettant de développer un regard critique sur les médias et les usages numériques.
À travers une série d’ateliers participatifs, les élèves ont réalisé de courtes vidéos abordant différentes thématiques liées à la consommation des médias, à leurs usages quotidiens ainsi qu’aux représentations qui les entourent. Ils ont découvert des notions de théorie de l’image, des techniques de prise de vue, d’enregistrement sonore et de montage vidéo, tout en expérimentant des pratiques journalistiques telles que l’interview et le micro-trottoir.
Ce travail a permis de développer des compétences en communication visuelle, écrite et orale, de renforcer l’esprit critique des élèves face aux contenus médiatiques et de les sensibiliser à une utilisation plus responsable des outils numériques. Les productions ont ensuite été réunies dans un film collectif présenté à l’école lors de moments d’échange rassemblant élèves, enseignants, éducateurs et familles, favorisant ainsi le dialogue autour des enjeux de l’éducation aux médias et du rôle de l’école dans cet accompagnement.
Présentation
L'activité
Les élèves ont acquis des compétences techniques de base en production audiovisuelle, notamment en théorie de l’image, en mouvements de caméra, en utilisation du microphone, en enregistrement et notions en montage vidéo.
Ils ont développé des compétences journalistiques en matière de communication orale et sonore, de recherche et de sélection de thèmes, d’identification du public cible, de techniques d’entrevue et de traitement de l’information.
Ils ont conçu et réalisé des productions médiatiques suscitant le questionnement, la discussion et la réflexion. Ils ont également analysé les modalités de diffusion et de réception de leurs vidéos ainsi que leurs répercussions auprès des publics visés.
Grâce à cette expérience, ils ont renforcé leur esprit critique face à la production et à la consommation des médias. À travers l’analyse de différents produits médiatiques qu’ils consomment habituellement, tels que les bandes dessinées, les jeux vidéo, les vidéos YouTube, entre autres, ils ont porté une attention particulière aux représentations, aux discours et aux stéréotypes véhiculés dans les contenus médiatiques.
1. Autorisation d’utilisation de l’image
Nous avons créé une autorisation symbolique d’utilisation de l’image, puisque les élèves disposent déjà d’une autorisation officielle de la part de l’école.
Cette autorisation avait donc pour objectif d’impliquer les parents de manière concrète dans notre projet, d’encourager les échanges et les discussions à la maison, et d’aborder dès le début la question du droit à l’image a la maison et a l’école.
Elle nous a également permis de demander aux parents s’ils avaient besoin d’un accompagnement spécifique, notamment concernant le contrôle parental sur certains dispositifs (console de jeux, tablette, téléphone, etc.).
2. Enquête sur la consommation des médias
L’enquête avait pour objectif de mieux connaître les habitudes et les modes de consommation des médias des enfants, afin de pouvoir travailler à partir des produits médiatiques qui les motivent et les intéressent.
L’enquête visait également à mieux comprendre, de manière générale, la relation entre les médias et la famille, puisque l’objectif principal du projet était d’aborder les questions liées aux médias aussi bien à l’école qu’à la maison.
3. Atelier Medias
Les ateliers médias ont été animés par les éducatrices d’IMAGEAR, en collaboration avec notre équipe. Les enfants ont fait preuve d’un grand engagement tout au long des activités réalisées au sein de leurs classes.
3.1. Langage visuel, camera et micro et lecture critique de media
- La caméra montre une image de nous
- Cette image donne des informations
- La caméra ne montre pas tout, seulement un choix. Qui choisit ce que l’on voit ?
3.2. Atelier théorie de l’image, son et utilisation du micro
- Planifications vidéo et sélection de thèmes.
- Atelier techniques de video, tablettes/téléphone et microphone.
- Atelier des techniques journalistiques: entrevu : comme construir une question? comment poser des questions ouvertes?
3.3. Atelier Identité numérique et Cyberharcèlement
- Qu’est-ce qui montre qui nous sommes ? prénom, goûts, photos, amis, ce que nous disons…
- Est-ce que cela peut aussi se passer sur Internet ?`
3.4. Atelier Protection des données personnelles
- Pseudonyme, avatar et protection des données personnelles sur internet
3.5. Atelier Lecture de Média - Citoyenneté numérique
Apprendre à chercher des informations confiables.
- Apprendre à identifier la désinformation, l’information erronée et l’information tendancieuse.
- Analyse de bande dessine, dessins anime, serie, jeux de video, etc.
3.6. Atelier video
Enregistrement des images et du son et réalisation des entrevues (dans toute l’école et a différents acteurs de l’école.).
3.7. Atelier pratique édition et montage
Atelier d’édition et montage en groupe: décider ce qui reste et ce qui part, choisir les titres, les effets, les transitions et la musique de chaque video.
3. 8. Atelier Exposition
Élaboration de l’affiches thématiques.
- Impression et montage de l'exposition
4. Visite a la Cinematek
Nous avons visité le musée, réalisé les ateliers et regardé le film proposé par la Cinémathèque.
5. Projection de vidéos dans les classes
L’un des exercices les plus importants de notre projet consistait à créer un espace de débat et de discussion collective sous la forme d’un ciné-débat, avec les deux classes. Cet espace est essentiel pour ouvrir la discussion, en l’occurrence sur les médias, et pour développer la capacité des participants à débattre et à échanger des idées, dans le respect des opinions et des arguments de chacun. Mais aussi pour échanger sur les difficultés rencontrées et les défis relevés tout au long des ateliers.
6. Projection de vidéos aux parents
La présentation destinée aux parents avait pour objectif de leur montrer la manière dont leurs enfants consomment les médias, ainsi que le niveau de réflexion qu’ils avaient développé. Elle visait également à les associer aux discussions menées avant la réalisation des vidéos et aux questions qui avaient émergé au cours de ces échanges.
Les vidéos ont été projetées aux parents, le jour de la fêtes de parents réalisé les jeudi 24 mai, dans les classes.
7. Projection de vidéos dans l’école
Les projections organisées à l’école avaient pour objectif de présenter le travail réalisé, de valoriser la participation des élèves à la production des vidéos et de remercier toutes les personnes qui avaient pris le temps de répondre aux questions des « réalisateurs ».
Elles visaient également à associer les autres membres de la communauté scolaire à notre réflexion et à susciter un débat collectif autour des médias.
Les vidéos ont été projetées en continu à plusieurs reprises tout au long de la fête de l’école, le 13 juin.
Modalités de réalisation :
Les ateliers ont été organisés les lundis : le matin, l’atelier d’Astrid, et l’après-midi, celui d’Isabelle.
Chaque séance commençait par un court expo théorique, animés par les formatrices d’IMAGEAR.
Ensuite, les élèves se répartissaient en groupes, accompagné par un adulte (une enseignante, une formatrice ou une stagiaire), soit quatre groupes par classe, pour réaliser différentes activités : analyse, réflexion, recherche, création, tournage, montage vidéo, etc.
Nous avons travaillé dans les classes, mais nous nous sommes également déplacés dans différents espaces de l’école tout au long du projet.
Nous avons utilisé le matériel des classes (projecteur et tablettes), ainsi que des microphones et des écouteurs, achetés dans le cadre du projet.
Les entretiens ont permis de faire émerger de nombreuses réflexions, aussi bien chez les personnes qui menaient les interviews que chez les personnes interrogées. Ils ont également suscité des attentes, de la curiosité et ont permis, pour la première fois, de créer un dialogue à l’échelle de toute l’école.
Chaque classe a été divisée en 4 groupes d'environ 5 éleves avec un thème par groupe.
Notes
IMAGEAR nous a transmis sa méthodologie de recherche-action participative, mise en pratique grâce à l’utilisation de médias communautaires et participatifs comme outils d’expression, de réflexion et de transformation sociale.
La recherche-action participative (RAP) est une démarche qui vise à comprendre une situation tout en la transformant grâce à la participation active des personnes concernées. Les participant·e·s ne sont pas seulement des sujets d’étude : ils contribuent à identifier les besoins, à élaborer des solutions, à mettre en œuvre des actions et à évaluer les résultats.
Selon Kurt Lewin (1946), pionnier de la recherche-action, la production de connaissances et l’action doivent s’inscrire dans un processus continu d’observation, de réflexion et d’amélioration. Orlando Fals Borda (1987) a ensuite développé la dimension participative de cette approche, en soulignant que les connaissances se construisent avec les communautés afin de favoriser le changement social. De son côté, Paulo Freire (1970) insiste sur l’importance du dialogue, de la réflexion critique et de la participation comme conditions essentielles de l’apprentissage et de l’émancipation.
En résumé, la recherche-action participative repose sur trois principes :
- Recherche : comprendre une réalité ou une problématique. Les enfants mènent une recherche sur une thématique précise en observant leur environnement, en échangeant leurs points de vue et en identifiant les enjeux qui les concernent.
- Action : mettre en œuvre des actions pour améliorer cette réalité. Les enfants réalisent des vidéos afin de sensibiliser à la problématique choisie, de favoriser sa compréhension et de proposer des pistes de réflexion et d’action.
- Participation : impliquer activement les personnes concernées à toutes les étapes du processus. Les enfants sont impliqués tout au long du projet, de l’identification de la problématique à la réalisation des vidéos. Celles-ci sont ensuite utilisées pour animer des temps de réflexion au sein de l’école et susciter des transformations.
Références
- Fals Borda, O. (1987). The Application of Participatory Action-Research in Latin America. International Sociology, 2(4), 329–347.
- Freire, P. (1970). Pédagogie des opprimés. Maspero.
- Lewin, K. (1946). « Action Research and Minority Problems ». Journal of Social Issues, 2(4), 34–46.
Justifications
Le projet s’est inscrit dans le contexte de diversité culturelle et socio-économique propre à notre école, dans une période où les téléphones et autres appareils électroniques ont progressivement fait leur entrée dans les classes, notamment dès la 4e primaire, souvent sans véritable accompagnement de la part des adultes.
Au cours du projet, il est apparu que de nombreux adultes de la communauté éducative se sentaient parfois dépassés par la rapidité des évolutions liées aux outils de communication et aux usages numériques (parents, enseignantes, stages)!
Cette situation a renforcé la nécessité de créer, avec les élèves, des espaces de réflexion et des outils leur permettant de décrypter, analyser et filtrer le flux constant de contenus médiatiques auxquels ils sont confrontés quotidiennement.
Les activités menées ont ainsi permis de développer une approche plus consciente, critique et responsable des médias.
Les élèves ont acquis des repères pour mieux comprendre les mécanismes de production et de diffusion des contenus, tout en renforçant leur capacité à prendre du recul face aux images, aux informations et aux messages circulant sur les réseaux et plateformes numériques.
Le projet a également contribué à ouvrir le dialogue entre élèves, enseignants, éducateurs et familles autour des usages du numérique et des enjeux liés à l’éducation aux médias, affirmant ainsi le rôle essentiel de l’école dans cet accompagnement.
Pistes d’amélioration
Intégrer les médias dans les apprentissages du quotidien permet aux élèves de rechercher, de présenter et d’illustrer différents contenus à l’aide d’outils médiatiques. Il ne s’agit pas seulement de transmettre des connaissances, mais aussi de développer leur capacité à produire des discours différents, alternatifs, en mobilisant d’autres esthétiques et d’autres langages.
Pour que cette démarche puisse s’inscrire durablement dans les pratiques scolaires, les enseignant·e·s ont besoin d’une formation et d’un accompagnement, tant sur le plan théorique que pratique.
Par ailleurs, le travail avec les médias permet d’affiner l’identification des stéréotypes, d’en analyser les mécanismes et de rechercher des moyens de les déconstruire et de les transformer.
Enfin, les enseignant·e·s ont besoin de pouvoir s’appuyer sur des personnes ressources, vers lesquelles ils peuvent se tourner aussi bien pour des formations que pour un accompagnement ponctuel répondant à des besoins spécifiques.
L’éducation aux médias
Les élèves ont acquis des compétences techniques de base en production audiovisuelle, notamment en théorie de l’image, en mouvements de caméra, en utilisation du microphone, en enregistrement et notions en montage vidéo.
Ils ont développé des compétences journalistiques en matière de communication orale et sonore, de recherche et de sélection de thèmes, d’identification du public cible, de techniques d’entrevue et de traitement de l’information.
Ils ont conçu et réalisé des productions médiatiques ( deux vidéos), suscitant le questionnement, la discussion et la réflexion. Ils ont également analysé les modalités de diffusion et de réception de leurs vidéos ainsi que leurs répercussions auprès des publics visés.
Grâce à cette expérience, ils ont renforcé leur esprit critique face à la production et à la consommation des médias. À travers l’analyse de différents produits médiatiques qu’ils consomment habituellement, tels que les bandes dessinées, les jeux vidéo, les vidéos YouTube, entre autres, ils ont porté une attention particulière aux représentations, aux discours et aux stéréotypes véhiculés dans les contenus médiatiques.
Illustration médiatique et pédagogique
Exposition photo réalisée par les deux classes : création d’un avatar, choix d’un surnom et rédaction d’une phrase de réflexion sur les médias.
Plans et langages visuels classe Isabelle
Plans et langages visuels classe Astrid
Chaque classe a réalisé une vidéo sur les médias, en abordant des thèmes complémentaires.
Vidéo de la classe d’Astrid : Parlons médias : des questions qui dérangent.
https://we.tl/t-SLmQJGe84xLKnNCy
Vidéo de la classe d’Isabelle : Les petits journalistes de la classe d’Isabelle s’interrogent sur les dangers des médias.
Visite Mediatek
https://we.tl/t-EOz2ovs7YrxhvrR3

